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Les Aciéries de Bonpertuis aiguisent leurs compétences

Créée le 25/01/2019 11:27:00

Les Aciéries de Bonpertuis peuvent se targuer d’être une entreprise historique. Créées au XVème siècle, elles auraient forgé la lame de l'épée de François Ier. Quelques centaines d’années après, si les aciéries continuent de développer leur savoir-faire, elles connaissent quelques difficultés à embaucher. Cette année, pour y répondre, elles ont eu recours avec succès à la Préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC).

 

  • Un contexte de recrutement incertain

Bonpertuis possède à priori tous les atouts pour attirer des compétences. Répartie sur deux sites côtoyant des monuments classés et dans lesquels travaillent 130 salariés, elle a un carnet de commandes rempli et une vision stratégique claire. Cependant, l’entreprise est située dans une zone rurale en Isère éloignée des agglomérations. Ses métiers traditionnels, comme le laminage ou le tréfilage, sont en outre dépourvus de diplômes affiliés. Dans ce contexte géographique et professionnel difficile, elle doit faire face à un enjeu de remplacement de ses salariés partis à la retraite.

 

Dans un premier temps, Bonpertuis fait appel à l’intérim. Une solution jugée peu pérenne qui pousse la direction à creuser d’autres pistes de recrutement. « En échangeant avec d’autres entreprises de la région, nous nous sommes aperçus que nous n’étions pas les seuls à rencontrer ces obstacles à l’embauche », explique Pierre-Henri Besson, directeur des Aciéries. « Nous avons alors estimé qu’il y avait peut-être un écart entre ce que nous recherchions et ce que les demandeurs d’emploi étaient capables de faire ».

 

L’idée émerge : il faut faire se parler entreprise et demandeurs. Une approche pédagogique qui prend forme lorsque la Maison de l’emploi, suite à un diagnostic RH, propose de mettre en œuvre un dispositif intitulé « Une formation - Un emploi ». Les Aciéries décident de proposer une formation à leurs métiers à des candidats qui pourront éventuellement être engagés en CDI à l’issue du parcours.

  • Une opération d’envergure

Avec le concours de Pôle emploi et de la Région, près de 500 demandeurs d’emploi reçoivent une invitation à des réunions d’information collective. Spots radio, panneaux d’affichage, mails et SMS animent une campagne de communication d’envergure grâce notamment aux conseils de l’ADEFIM Arc-Alpin. Le principe est de convier ces demandeurs à visiter l’entreprise, à saisir ses enjeux et à postuler à la formation. Au sortir de ces visites d’informations, une centaine d’entre eux se montre intéressée. Les postulants passent alors des tests d’aptitudes pour vérifier leurs acquis de base, entendus comme des prérequis obligatoires au commencement de la formation. S’ensuit un entretien avec l’organisme de formation et un entretien avec l’entreprise.

 

Finalement, neuf candidats sélectionnés intègrent le parcours. Financé en partie grâce aux fonds de l’OPCAIM et en partie par le programme régional CARED (Contrats d’aide et de retour à l’emploi durable), celui-ci prend la forme d’une POEC. En tout, les apprenants bénéficient de 600h de formation, effectuées en centre et en entreprise. Si les apprenants sont formés au métier de conducteur d’équipements industriels, cette approche est envisagée comme un socle leur permettant de découvrir un spectre plus large de métiers. « La volonté était de former des personnes afin qu’elles soient les plus polyvalentes possible », explique François-Louis Lardenois, directeur de l’ADEFIM Arc-Alpin.

 

  • Une dynamique enclenchée

Dès le départ, Bonpertuis a voulu associer étroitement l’interne à la formation. Pour animer les sessions, l’entreprise a ainsi fait appel à des salariés présents depuis longtemps. Formés préalablement au tutorat d’entreprise au Pôle de formation de l’Isère, ces salariés ont apprécié la démarche. « C’est intéressant car cela crée une émulation entre les anciens et les postulants », observe M. Besson. « Cela a stimulé tout le monde ». A l’issue du programme, les neuf stagiaires ont reçu un Certificat de qualification paritaire de la métallurgie.

 

Une réussite qui s’explique selon M. Besson par l’approche globale de la situation de l’emploi aujourd’hui que permet la POEC. « Les demandeurs d’emploi recherchent un métier », analyse-t-il. « Ils ne veulent plus une formation de plus quI ne les conduit pas à un emploi concret ». La démarche a en tout cas fait des émules au sein du groupe d’appartenance de Bonpertuis. Et si l’entreprise connaissait à nouveau un important besoin de recrutement, elle aurait recours à la même formule.

 

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