L'OPCAIM, au service de la formation

Avec le SMV, les Armées et l’OPCAIM font front commun pour l’emploi

Créée le 25/05/2018 15:54:00

Combiner un parcours de formation à la vie en collectif au sein d’unités militaires spécifiques et en alternance en milieu professionnel, c’est ce qu’expérimentent les armées pour l’insertion des jeunes avec le service militaire volontaire (SMV). L’OPCAIM participe à plusieurs expérimentations. La première a eu lieu à Châlons-en-Champagne l’année dernière. Retour sur un projet novateur et efficace pour l’orientation et l’insertion des jeunes.

 

  • Fournir une base structurante

Cette nouvelle démarche s’adresse à des publics éloignés de l’emploi et, pour certains, en manque de repères sociaux. L’objectif est de proposer un cadre structurant pour leur permettre d'acquérir une formation, avec remise à niveau scolaire si nécessaire, et de reprendre contact avec le monde du travail. Une approche qui répond donc à un double objectif : insérer les jeunes en difficulté et répondre aux besoins en recrutement des entreprises sur les métiers en tension. 

 

La pierre fondatrice du SMV a été posée à Châlons-en-Champagne début 2017. 110 stagiaires, dont 15 pour la métallurgie, ont été recrutés par l'armée de Terre avec l’appui des missions locales et de Pôle emploi. Ils ont alors passé six mois en caserne pour acquérir des fondamentaux de savoir-être. « Ceux qui rentrent chez nous sont soldats, avec tout ce que cela comporte comme devoirs et obligations », explique le Lieutenant-Colonel Romain de Bondy, directeur de la division opérations de l’Etat-Major du SMV. Logés et nourris au sein de l’institution miliaire, les jeunes reçoivent les quatre premiers mois un enseignement portant sur des bases qu’ils ont parfois perdues. Ce sont les anciennes « classes », pendant lesquelles les arrivants sont sensibilisés aux notions de groupe, de responsabilité et de don de soi. Une fois ce travail fondateur effectué, les stagiaires sont ouverts aux métiers et notamment à ceux de la métallurgie.

 

La finalité de la démarche étant certifiante, les stagiaires peuvent obtenir après ces quatre mois initiaux la certification Cléa (Certificat de connaissances et de compétences professionnelles). En complément, ils passent le permis de conduire et le brevet de secourisme. « L’OPCAIM intervient dès la première phase de formation militaire, en présentant aux stagiaires les métiers et en leur proposant des orientations en collaboration avec le FONGECIF et le conseiller en évolution professionnelle », précise Virginie Huguel, directrice de  la délégation territoriale de l’OPCAIM, l’ADEFIM Champagne-Ardenne. À l'issue de cette première étape, la formation professionnelle débute.

 

Des jeunes lors de leur Préparation opérationnelle à l’emploi  collective (POEC)

 

  • Agréger les compétences

 

« Ce dispositif est très bien perçu par les entreprises car il répond à leurs besoins », estime Virginie Huguel. « Le fait que le jeune arrive avec un accompagnement militaire qui leur a enseigné le savoir-être, le respect des horaires et des comportements, est rassurant pour les employeurs ». La réussite est également financière. L’OPCAIM a mis en place une préparation opérationnelle à l'emploi collective (POEC) financée avec le concours du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP). 400 heures de formation ont ainsi été financées, réparties en une centaine d’heures de stage d'immersion en entreprise pour 300 heures de formation.

 

« Cette première session a nécessité un accompagnement très intensif », relève Virginie Huguel. De nombreux comités de suivi ont été organisés avec l'armée, la mission locale et le FONGECIF. L’OPCAIM a eu un rôle de relais, en apportant son expertise à l’armée qui en retour l’informait de l’évolution des jeunes. « J’ai mobilisé spécifiquement une conseillère pour ce dispositif », confirme Virginie Huguel. Un travail d’articulation  entre l’armée, l’organisme de formation et l’entreprise rigoureux et exigeant, mais qui commence à porter ses fruits.

 

De manière globale, toutes branches professionnelles confondues, le SMV affiche un très bon bilan avec des taux d’insertion d’un peu plus de 70% de moyenne sur les deux premières sessions. Une majorité de jeunes a signé des contrats de travail ou a poursuivi par une autre formation. Pour les stagiaires de la métallurgie, compte-tenu de la spécificité des métiers industriels qui nécessitent des compétences très techniques, le parcours se poursuit la plupart du temps en contrat de professionnalisation. « Pour les jeunes n’ayant pu s’insérer dans l’emploi à l’issue du parcours, la formation humaine qu’ils ont reçu leur permettra d’être des citoyens responsables, qu’ils capitaliseront un jour ou l’autre sur ce qu’ils auront vécu pour obtenir un emploi », est persuadé le Lieutenant-Colonel Romain de Bondy.

 

L’esprit de la démarche et sa dimension humaine sont un succès. Cette passerelle vers le monde de l’entreprise se prolonge en 2018. Une troisième cohorte a débuté en février.

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