L'OPCAIM, au service de la formation

L’Observatoire, un baromètre pour la métallurgie

Créée le 26/02/2018 11:39:00

Pour mener un projet, mieux vaut être en capacité d’anticiper les événements. La branche de la métallurgie possède un outil lui permettant d’analyser les évolutions des métiers, de l’emploi et de cibler les besoins en compétences des entreprises. Créé en 2004, l’Observatoire paritaire prospectif et analytique de la métallurgie est financé par l’OPCAIM et piloté par un groupe technique paritaire. Il relève de la Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle (CPNEFP) qui se réunit deux fois par an pour en établir les grandes orientations. Petit tour de présentation.

 

  • Cinq missions principales

 

Premier axe de travail, l’Observatoire effectue une étude sectorielle des métiers. Il produit régulièrement des analyses, des guides et outils, des référentiels et une cartographie de métiers. Réactualisée tous les deux ans, une étude prospective donne un indicateur clé : le nombre de recrutements prévisibles chaque année. « Ce nombre s'appuie sur un calcul basé sur des scénarios économiques, le nombre de salariés susceptibles de partir à la retraite et le volume des mobilités externes et internes », explique Françoise Diard, Chef de service Emploi pour l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et coordinatrice de l’Observatoire de la métallurgie. Multiples, ces données sont tenues à jour et portées à la connaissance des acteurs de l’emploi. Ceux-ci peuvent solliciter l’Observatoire sur son site internet (www.observatoire-metallurgie.fr).

 

La deuxième mission de l’organe consiste ainsi en la réalisation des études qui lui sont demandées, en particulier par la CPNEFP et par les Commissions paritaires régionales (CPREFP).

 

La troisième fonction remplie par l’Observatoire est la mise à disposition de documents en accès libre. Des guides portant par exemple sur le transfert de savoir-faire, le recrutement ou la gestion des compétences sont disponibles sur le site. Les entreprises et les salariés peuvent y avoir recours, notamment dans leur gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). « L’entreprise comme le salarié peuvent consulter directement ces documents et les utiliser », souligne Mme Diard.

 

Quatrième levier d’action, l’Observatoire développe des supports de « conception et de mise en œuvre des outils d’observation ». Dans l’optique d’être toujours en mesure d’aborder les problématiques en amont, il possède un certain nombre d’outils d'analyse de l’emploi.

 

Enfin, l'Observatoire communique sur l'ensemble de ses travaux  qu'il rend accessibles via son site internet : www.observatoire-metallurgie.fr

  • Une évolution des outils d’analyse

 

Pour bâtir ses études, l’Observatoire récupère ses données auprès de l’OPCAIM et auprès des organismes de statistique publique. Un processus qui est en train d’évoluer grâce aux nouvelles techniques de récupération de data. « Auparavant, commander des données, les travailler puis les utiliser demandait un certain temps », rapporte Mme Diard. Un délai rendant parfois les chiffres obsolètes.

 

Désormais, l’Observatoire s’appuie sur des outils d’analyse de data plus complexes et plus puissants, donnant presque des indications en temps réel. La production d’études devient beaucoup plus rapide, permettant de mener un pilotage plus fin. « Jusque-là, on regardait dans le rétroviseur pour prévoir demain. Aujourd’hui, on a des données qui nous permettent aussi de regarder devant le pare-brise », sourit Mme Diard. D’un modèle d’analyse et de projection des courbes parfois incertain, l’Observatoire est passé à une démarche plus prospectiviste.

 

Cette amélioration des moyens devrait permettre de répondre encore plus précisément à la variété des futures études commandées. Parmi celles-ci, on peut citer une recherche sur la construction navale et les énergies marines renouvelables, une autre sur l'apprentissage, une étude sur l’impact de la diminution du diesel dans le secteur automobile… A chaque fois, l’ambition est d’anticiper l’évolution des métiers et d’aider les salariés à renforcer leurs compétences ou à mieux appréhender leur parcours.

 

 

  • Analyser l’emploi encore plus finement

 

Cette année, l’Observatoire apporte son concours à un projet important d’observation en régions : les Plateformes de mobilité territoriale dans l’industrie (PMTI). Copilotées avec l’OPCAIM, elles ont pour objectif de mettre les données de l’emploi à disposition de trois régions expérimentales pour qu’elles identifient les métiers en tension. « Nous voulons amener les personnes loin de l'emploi vers nos métiers », explique Mme Diard. Avec l’appui des outils de l’Observatoire, l’OPCAIM et la branche entendent ainsi aider les acteurs à réduire à terme le délai de recrutement. Ce projet a reçu le soutien financier du FPSPP.

 

La Normandie, la Bourgogne Franche-Comté et l'Occitanie sont les trois premières régions volontaires mobilisées sur le sujet. Une démarche requérant temps et moyens pour contacter les entreprises afin qu’elles déposent leurs offres de manière circonstanciée et précise. Parallèlement, il faut également faire connaître ces offres à Pôle emploi, aux entreprises de travail temporaire, aux lycées, aux écoles, aux familles…

 

C’est donc toute une dynamique à enclencher pour dessiner in fine un modèle de performance pour les prochains participants aux PMTI. Avec un paradoxe : si l’objet est de répondre rapidement aux besoins de recrutement, le délai nécessaire pour se former à des métiers spécifiques s’avère long. « On ne fera pas l'économie du temps », prévient Mme Diard.

 

Le temps. C’est bien finalement cet aspect immatériel et pourtant si fondamental que défie l’Observatoire de la métallurgie. Anticiper les changements de la branche, accompagner ses évolutions et se projeter vers de nouvelles directions. Un paramètre incompressible que l’Observatoire continuera à appréhender au gré de ses études pour faciliter l’embauche et le maintien dans l’emploi et aider les acteurs de la métallurgie.

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