L'OPCAIM, au service de la formation

En Haute-Savoie, OPCAIM, Région et GEIQ Alpege Horizon œuvrent à l’insertion

Créée le 31/01/2018 13:22:00

La Haute-Savoie est l’une des régions avec le taux de chômage le plus faible du pays. Elle compte cependant des industries ayant des besoins en recrutement, notamment dans le domaine du décolletage. C’est pour répondre à cette situation que le territoire expérimente depuis l’année dernière un dispositif visant à recruter à terme 500 personnes préalablement formées aux métiers de la branche de la métallurgie.

 

  • Une mobilisation commune

« Au regard des besoins que nous exprimaient les entreprises, nous nous sommes réunis avec l’Etat, la Région, la Chambre syndicale de la Métallurgie, Pôle emploi, les missions locales et le Syndicat national du décolletage », explique Soline Herpeux, directrice de l’ADEFIM Haute-Savoie. « C’était idéal de s’asseoir autour d'une table avec tous les partenaires. Cela prend du temps, demande de l'énergie mais c’est très positif. » Assez vite, les discussions portent sur le principe de l’expérimentation d’un dispositif nouveau.

La Région Auvergne-Rhône-Alpes, impliquée sur ces questions, décide de cofinancer avec l’ADEFIM des contrats de professionnalisation sur une année. L’objectif de mener 500 parcours de formation sur 5 ans est défini, soit 100 parcours annuels. Pour piloter le projet appelé « Convention 500 », les partenaires décident de s’appuyer sur une entité à même de faire le trait d’union entre les entreprises et les demandeurs d’emploi, plutôt que de créer une nouvelle structure.

 

Le Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification Industrie Alpege Horizon (GEIQ), créé en 2012 dans la vallée de l’Arve, regroupe les entreprises souhaitant mutualiser leurs compétences pour faire face aux difficultés de recrutement. Ce groupement d’employeurs vise notamment à convaincre les entreprises d’envisager des approches d’embauche innovantes. En d’autres termes, « à anticiper les besoins, à accueillir des personnes possédant peu ou pas d’expérience dans l’industrie et à les former avec un contrat de professionnalisation de 12 mois délivrant un CQPM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie) », détaille Jean-Marc Reydet, directeur du GEIQ.

 

  • Un dispositif innovant

En termes de financement, la Région s’engage alors sur la prise en charge de 50 contrats en 2017, soit une subvention de 100 000€. Cette participation est  complétée par l’ADEFIM Haute-Savoie, cofinanceur majeur du projet grâce aux fonds accordés par l’OPCAIM et la prise en charge du coût pédagogique des formations.

 

Le GEIQ s’engage à assurer en moyenne les deux-tiers des objectifs de recrutement, soit 75 embauches par an. Un effort conséquent, les entreprises adhérentes étant plutôt à 25 recrutements annuels jusque-là. Pour mener à bien la « Convention 500 », le GEIQ ouvre en janvier 2017 une deuxième antenne dans le bassin annécien, afin de couvrir l’ensemble du territoire concerné. « Notre rôle est de mobiliser les employeurs avec l’appui du syndicat national du décolletage ou de la chambre syndicale de la métallurgie », précise M. Reydet.

 

Il a fallu également rechercher les organismes dont l’offre de formation apportait la meilleure réponse aux besoins des entreprises. « L’un des critères était notamment de trouver ceux qui étaient dotés de plateaux techniques », détaille Mme Herpeux. Trois CQPM sont finalement retenus : celui d’opérateur-régleur sur machine-outil à commande numérique, un autre d'opérateur sur machine-outil de production et celui de régleur sur machine-outil à commande numérique. En parallèle, des réunions avec Pôle emploi, les missions locales et les entreprises d’insertion sont organisées afin d’identifier les candidats susceptibles d’être intéressés par la convention.

 

  • Le GEIQ, acteur central du programme

Au quotidien, c’est le GEIQ qui pilote le dispositif. « Un GEIQ est toujours un outil de territoire, sur un bassin d’emploi », analyse M. Reydet. « Nous portons une responsabilité car nous nous inscrivons dans une démarche de confiance, auprès des entreprises qui font appel à nous, comme auprès des personnes que nous mobilisons. » Le Groupement est ainsi en lien avec les entreprises, les salariés, les formateurs, les partenaires de l’emploi…

 

Régulièrement, il invite les prescripteurs à mobiliser leurs interlocuteurs en recherche d’emploi. Ceux-ci sont conviés chaque mois à des réunions d’information au cours desquelles le GEIQ leur expose les métiers de la métallurgie, le principe du contrat de professionnalisation et la formation. Les candidats qui le souhaitent passent ensuite un entretien individuel puis sont conviés à un job dating avec les entreprises. Une fois recrutés et après une période d’immersion de quinze jours, les candidats signent leur contrat de professionnalisation.

 

Le GEIQ assure ensuite un suivi RH et effectue un accompagnement pédagogique si besoin. A la fin de la formation, il veille à ce que les meilleures conditions soient réunies pour les deux parties dans l’optique de signer un CDI. Le cas échéant, le GEIQ mobilise ses adhérents pour faciliter l’intégration d’un candidat dans une autre entreprise. Le principe de mutualisation, envisagé comme une démarche de solidarité entre entreprises adhérentes, doit faciliter l’accès à l’embauche et rassurer employeurs et demandeurs sur la pérennité du système.

 

Pour ce temps 1 du programme, 50 contrats ont été déployés dans 35 entreprises. En 2018, les mêmes CQPM devraient être mobilisés, avec une expérimentation sur deux nouveaux métiers. « Les entreprises ont pu trouver une première réponse à leurs problématiques et des demandeurs d’emploi motivés ont pu trouver un emploi stable », sourit Mme Herpeux. « La Région est pleinement impliquée. C’est très valorisant. » Une belle collaboration appelée à se poursuivre pour les quatre années à venir. 

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