L'OPCAIM, au service de la formation

Quand la formation des salariés accompagne le développement de l’entreprise

Créée le 05/12/2017 11:12:00

La formation est généralement envisagée comme l’accompagnement au développement des compétences des salariés au service de l’entreprise. C’est le cas de Toyota. Implanté depuis  2001 à Onnaing, dans la Vallée de l’Escaut (Nord-Pas-de-Calais), le constructeur est devenu le premier employeur de la branche métallurgie de la région avec son usine de fabrication de véhicules automobiles. En forte croissance avec 4 000 personnes employées, le site qui construit la YARIS doit faire face à des enjeux d’amélioration de la performance industrielle. Pour y répondre, il a notamment fait appel à la formation et au développement des compétences de chaque salarié.

 

  • Répondre aux enjeux de développement

Fin 2015, un certain nombre de défis stratégiques et industriels devant aboutir à l’horizon 2020 sont lancés au sein de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF). « Il s’agissait d’améliorer nos indicateurs clés que sont la sécurité, la qualité, l’efficacité opérationnelle et les coûts », explique Nicolas Kuczynski, responsable de la formation chez TMMF. En filigrane : la possible obtention d’une deuxième « silhouette », système qui permettrait de produire un autre type de véhicule depuis le même châssis. Une décision d’attribution qui reviendra in fine à la maison-mère, Toyota Motor Corporation, siégeant à Tokyo. « Nous avons décidé d’engager un large plan de développement des compétences à tous les niveaux », poursuit M. Kuczynski. Ces niveaux, ce sont les échelons pyramidaux de management propres à l’entreprise : les team members ou opérateurs sur ligne, les team leaders ou animateurs d’équipe et les group leaders, responsables de production.

Le chantier est vaste. Il faut revoir les gammes de fabrication, redessiner l'organisation générale et favoriser la mobilité interne. Des aspects essentiellement techniques, mais également structurants dans la mesure où c'est l'ensemble du système de production du standard de Toyota (le TPS pour Toyota Production System) qui est concerné.

Pour élaborer ce plan de développement ambitieux, l'entreprise se tourne vers l’OPCAIM et sa délégation territoriale l’ADEFIM Nord-Pas-de-Calais. Après plusieurs échanges, Toyota saisit l'intérêt qu’elle peut avoir à développer des parcours de formation certifiants. Se voyant tous les mois, l’entreprise et l’ADEFIM suivent de près le déroulé des actions. Le but est de mettre en œuvre une routine, un rituel d'échange sur les dossiers et la transmission de l’information. « Nous avons défini deux grands axes de travail », détaille Christophe Lafon, Responsable de l’antenne Grand-Hainaut à l’ADEFIM. « La partie développement des compétences, bien sûr, mais aussi la partie recrutement, parce qu’en plus de faire évoluer ses collaborateurs en interne, Toyota avait besoin de se renforcer ».

 

 

  • Mise en place du plan

Depuis fin 2016, le processus est lancé. Sur le plan de l’accompagnement des salariés, la période de professionnalisation et, surtout, le compte personnel de formation, sont les deux dispositifs mobilisés. Une approche permettant aux collaborateurs, pour certains présents depuis de nombreuses années, de valoriser les nouvelles compétences acquises. Trois niveaux de CQPM (Certificat de qualification paritaire de la métallurgie) sont ainsi retenus, correspondant aux trois niveaux d’organisation. « Le levier financier étant également important, l’ADEFIM Nord-Pas-de-Calais a estimé que ce dispositif de certification de branche était le plus approprié, avec une démarche pertinente et des prises en charge très avantageuses pour l’entreprise », précise M. Lafon.

Sur l'axe recrutement, deux leviers de financement sont déployés : les formations préalables au recrutement (POEI) et les contrats de professionnalisation. Au titre des contrats de professionnalisation, 150 recrutements ont été annoncés par an, jusqu’à 2020.

Cette opération de grande envergure a connu une montée en puissance. Pour rôder le dispositif, l’entreprise a d’abord débuté par des phases de test avec des groupes pilotes, en collaboration avec l’UIMM notamment. Au fur et à mesure, les volumes d'entrée en formation ont été augmentés. A ce jour, depuis que le projet a démarré, un peu plus de 400 personnes ont obtenu un CQPM dans l’organisation. Suivie et pilotée par l’OPCAIM, l’opération de formation a engagé près de 2 millions d'euros sur l'année 2016, tous dispositifs confondus.

 

  • Une satisfaction générale

Après une année, il ressort que le projet est un succès, tant d’un point de vue technique que d’un point de vue humain. « Les salariés sont très contents de tenir pour certains pour la première fois un certificat, un diplôme », se réjouit M. Kuczynski. Pour marquer le coup, Toyota organise des cérémonies, en présence de l’Adefim Nord-Pas-de-Calais et du top management. Le président de l’entreprise effectue un discours et remet les titres aux salariés, ainsi mis à l’honneur en interne. Un moment qui donne son sens à la démarche et qui valorise les salariés à la fois dans l'entreprise mais aussi en externe, ce certificat de qualification paritaire de branche étant valable au plan national. « Ce n’est pas tout de monter en compétence », poursuit le responsable de la formation. « Il s’agit également de valoriser nos collaborateurs et de leur témoigner de la reconnaissance ». Une reconnaissance appelée à susciter l’ambition chez les salariés de poursuivre leur montée en compétences et de viser l’attribution de la fameuse silhouette. Une décision qui, si elle s’avérait favorable, génèrerait de l’embauche et inscrirait le site de manière pérenne dans le paysage industriel de la région.

Ces résultats, tient à souligner M. Kuczynski, apparaissent en outre comme « le fruit d’une belle association entre l’entreprise, l’Adefim et l’OPCAIM, et nos partenaires locaux ». Un ressenti partagé par M. Lafon. « Toyota a très vite associé l’Adefim en amont », explique-t-il. « Ici, la formation possède une dimension stratégique car elle doit répondre à des enjeux industriels pour l’entreprise. Nous avons une démarche d’accompagnement et de conseil, c’est très valorisant ».

 

En définitive, on peut relever le rôle tenu en filigrane par la solide culture d’une entreprise ayant décidé de se tourner vers les acteurs de la formation du territoire. Toyota, suivant ses « Principes directeurs » édictés depuis sa création au Japon, s’est rapprochée de l'ensemble des partenaires sociaux et économiques du bassin. Chose rare, le constructeur a annoncé publiquement dans la presse le recrutement de 300 personnes en CDI d’ici la fin du projet. Des recrues qui seront accompagnées dans leur montée en compétences, avec l’objectif de répondre aux objectifs stratégiques de l’entreprise. Grâce à la formation, les salariés acquièrent de nouveaux savoirs et l'entreprise développe sa pérennité.

Retour