L'OPCAIM, au service de la formation

DANS L’AIN CHEZ VEHIXEL, LA FORMATION, C’EST DE L’HUMAIN

Créée le 30/03/2017 14:06:00

Recourir à l’alternance pour se doter des compétences de demain ne coule pas toujours de source pour les entreprises. Celles-ci portent leur propre culture, leur histoire singulière et intégrer l’alternance au processus de recrutement demande du temps. Ce changement de paradigme, Vehixel l’a entrepris depuis deux ans en collaboration avec l’ADEFIM de l’Ain, délégation régionale de l’OPCAIM. Il faut dire qu’en 2014, la société spécialisée dans la carrosserie industrielle connaissait des turbulences économiques. Retour sur un changement de stratégie qui a porté ses fruits.

 

 

Mettre l’individu au coeur de la stratégie

 

Fondée en 1957 par André Trouillet, Compagnon du Devoir du Tour de France, l’entreprise réalise le premier fourgon blindé français trois ans plus tard, pour le compte de la Brink’s. Dans les années 1980, la société connaît une forte phase de croissance, acquiert des entreprises et s’implante à Bourg-en-Bresse puis à Attignat. En 2009, elle devient Vehixel et positionne son activité sur les véhicules de sécurité et les transports. C’est également à cette période qu’elle est frappée par la crise qui touche le secteur à l’échelle européenne. L’entreprise subit une érosion de près de la moitié de son chiffre d’affaires. En 2012, la situation de Vehixel, qui a évité un plan massif de licenciements, se stabilise. En 2014, cependant, de nouvelles turbulences touchent l’activité, en raison de la mise en application de normes qui la contraignent à revoir l’ensemble de sa gamme.

 

C’est à ce moment que la société décide d’un changement de stratégie. « Je suis arrivé en septembre 2014 », explique Marc Aumont, Directeur général chez Vehixel. « L’entreprise connaissait de nouveau des difficultés financières ». Le dirigeant fait alors un constat : après presque 10 ans de stagnation, la société a besoin de renouveau. Pour cela, Monsieur Aumont propose un changement de méthode et décide en particulier d’actionner un levier inhabituel dans de telles circonstances : la formation. « Ma première préoccupation a été de passer en un mois de 4 à 14 alternants ».

 

Se tourner vers l’alternance et la formation apparaissait comme une évidence pour lui, qui estime n’avoir fait qu’appliquer des recettes qui marchent. « Cela rassure sur le devenir de l’entreprise. Quand vous misez sur l’alternance, c’est que vous croyez en l’avenir », estime-t-il. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté plus générale consistant à axer le management sur les rapports entre les collaborateurs. « Vous redressez durablement une entreprise par les ressources humaines ».

 

En plus de l’effet dynamisant d’intégrer de nouveaux salariés, plus jeunes et en alternance, la formation a eu un impact positif sur les collaborateurs plus anciens. Ces derniers, amenés à expliquer leur métier aux nouveaux venus, ont été valorisés et impliqués dans leur mission. « Quand on aime son activité, on aime l’expliquer. Demander à un salarié expérimenté de transmettre à un jeune son métier, c’est extrêmement stimulant et valorisant », explique le DG. Fondamentale pour la transmission des compétences et la pérennité des savoir-faire dans l’entreprise, la formation, avec les actions de tutorat menées, a été un outil de cohésion des équipes.

 

Un changement de cap

 

Grâce aux dispositifs de prise en charge de l’Opcaim en faveur des TPE-PME, l’ADEFIM de l’Ain a pu financer un diagnostic et un accompagnement, ceci dans le cadre de la convention signée entre l’ensemble des branches automobiles et pilotée par l’Etat et la branche de la métallurgie. Cet accompagnement a permis la mise en place d’un plan de formation de 3 ans, principalement porté sur les domaines techniques et managériaux au sein de l’entreprise. 

 

Un tel changement de cap s’est opéré petit à petit. « Les dirigeants, les salariés, sont habitués à fonctionner d’une telle manière. On ne peut pas révolutionner du jour au lendemain en programmant des actions de formation sur une multitude de sujets », analyse Sandrine Moulin, Conseillère en gestion de la formation à l’ADEFIM de l’Ain. L’évolution s’est faite dans une démarche d’échanges et de dialogue. « Vehixel a compris que la formation était un investissement pour les salariés et l’occasion d’intégrer des jeunes et des moins jeunes à travers l’alternance », complète Madame Moulin. Vehixel travaille dans un rapport de confiance avec l’ADEFIM de l’Ain, qu’elle considère comme un partenaire.

 

Résultat, le nombre de salariés formés a presque triplé en deux ans. Vehixel emploie désormais 13 alternants sur un total de 160 salariés (9 contrats d’apprentissage et 4 contrats de professionnalisation). Les profils de formation sont variés, allant du CAP en apprentissage aux Licences ou aux CQPM en contrat de professionnalisation.

 

Preuve que la formation est devenue porteuse chez Vehixel, la trajectoire du nouveau Responsable du pôle finance et contrôle de gestion de l’entreprise, Sacit Bahadur : Diplômé d’un Master en management du commerce international, Monsieur Bahadur, 39 ans, a connu un parcours riche. « J’ai un profil atypique », explique celui qui a travaillé successivement dans un grand groupe en Allemagne, monté sa structure de conseil en marketing, enseigné le droit et l’économie au lycée et… s’est heurté à la fin de la trentaine à la difficulté de trouver un emploi. C’est alors qu’il accepte la proposition de Marc Aumont de suivre une formation en finance diplômante dans le cadre d’un contrat de professionnalisation. Embauché depuis septembre dernier en CDI, Monsieur Bahadur est devenu le premier défenseur de la formation. Marc Aumont, pour qui cette histoire est « exemplaire », en retire une conviction : « les meilleurs recrutements sont les plus atypiques. Il faut oser aller vers les gens ».

 

Aujourd’hui, Vehixel réalise plus de 35 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 160 collaborateurs et aménage plus de 1 000 véhicules par an. En ayant développé une approche mêlant finance, formation et humain, la société a gagné en compétitivité, repris sa croissance et sécurisé ses savoir-faire. Elle a abaissé sa moyenne d’âge de 49 à 43 ans, tout en conservant ses effectifs dans un consensus social. Les valeurs issues des compagnons héritées d’André Trouillet ont encore de beaux jours devant elles.

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