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Créée le 18/11/2016 - Finie le 31/01/2017

MOB, quand l’entreprise façonne elle-même les compétences dont elle a besoin

Tout a commencé par une histoire belle et difficile à la fois. Lorsque l’usine AMO (Atelier mécanique d’outillage) est contrainte à la liquidation en 2003, Jean Patenet, responsable technique et commercial du secteur « cire perdue », fait un constat. En déposant le bilan, l’entreprise  de Saône-et-Loire laisse un vide dans le petit monde du moulage pour cire perdue. Avec d’autres anciens cadres d’AMO, il recrée entièrement une nouvelle société pour reprendre une partie de l’activité de leur ancienne entreprise. Un an plus tard, Moules et outillages de Bourgogne (MOB), spécialisée dans l’étude et la réalisation de moules pour fonderies, est née. Réunissant treize personnes au départ, l’entreprise en emploie aujourd’hui près de 30.

 

La cire perdue, un métier qualitatif

 

Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire de MOB, il faut s’arrêter un instant sur la grande Histoire. La cire perdue est un procédé remontant à l’Antiquité, durant laquelle elle était utilisée pour fabriquer des statuettes et des bijoux. Méthode d’art avant d’être de l’artisanat, la technique s’est ensuite industrialisée au milieu du XXème siècle. La cire d’abeille laisse alors  la place à la résine pour réaliser des moulages de moteurs d’avion et des formes complexes en trois dimensions.

 

« Le principe est de rendre en cire ce que l’on veut obtenir en métal », explique Françoise Musy, directrice administrative et financière de MOB. « Après réalisation, la pièce en cire est recouverte d’une carapace réfractaire et l’ensemble est cuit. Sous l’effet de la chaleur, la cire coule et se retrouve « perdue ». Elle laisse son empreinte à l’intérieur de la carapace, dans laquelle on peut alors verser le métal en fusion. » Une fois l’ensemble refroidi, la carapace se craquèle. Le fondeur obtient en métal la pièce identique au modèle en cire de départ. L’avantage d’un tel processus est d’obtenir des pièces de métal qui n’auraient pu être réalisées par les procédés de fonderie traditionnels.

 

MOB intervient en amont du process. Son bureau d’études conçoit les moules et les outillages pour fabriquer les pièces dont ses clients ont besoin. Le bureau de fabrication assistée par ordinateur (FAO) prépare ensuite tous les parcours d’outils avec des logiciels.MOB travaille avec une quinzaine de clients réguliers, en France, mais aussi en Belgique, en Allemagne, au Brésil, en Turquie…

 

Pour passionnant qu’il soit, le métier de MOB est « une niche » regroupant une petite trentaine de fonderies dans le pays. Peu répandue, la cire perdue est un métier technique requérant des compétences particulières et parfois difficile à trouver.

 

La salle où sont réalisées les opérations d'usinage

La salle où sont réalisées les opérations d’usinage

 

Former les compétences pour répondre aux exigences

 

Dans un premier temps, MOB s’est inscrit dans le contexte local pour effectuer son recrutement. La grande région lyonnaise a en effet longtemps regroupé un certain nombre d’acteurs du secteur du plastique. Les premiers concepteurs recrutés sont ainsi venus de ce domaine. Aujourd’hui, les profils ciblés par MOB sont des BTS, des ingénieurs ou des  diplômés de formations équivalentes. Cependant, l’activité s’apprend davantage en usine qu’à l’école. « C’est un petit chapitre au milieu de la fonderie, il n’existe pas de diplômes spécialisés. Nous sommes dans un monde assez étroit. Nous effectuons des choses précises et fines, dont les connaissances sont le préalable », relève Mme Musy.

 

Pour pallier ce manque, un important travail de développement des compétences est effectué en interne. Quelle que soit la formation initiale, l’entreprise y adjoint très régulièrement de l’instruction complémentaire. MOB investit en ce sens chaque année entre 3 et 5% de sa masse salariale dans des actions de formation. Le profil idéal ne sortant pas des écoles, MOB a pris le parti de le façonner elle-même. Les stages et les parcours d’apprentissages sont envisagés comme des outils idoines. En raison de leur durée relativement longue, ces formats sont perçus comme de bons tremplins pour analyser comment le jeune s’adapte à l’entreprise. « On les forme en alternance et on leur transmet des savoirs propres à l’entreprise. On complète », relève Françoise Musy.

 

MOB a embauché son premier alternant en 2006. Depuis, la société en intègre chaque année un ou deux. La plupart des jeunes formés ont été embauchés à la fin de leur apprentissage et 50% font toujours partie du personnel à l’heure actuelle. En parallèle, MOB accueille régulièrement des stagiaires en Bac Pro et BTS, dans le cadre de conventions signées avec les établissements scolaires, pour des durées de 6 à 8 semaines.

 

Un opérateur lance un programme d'usinage sur un centre d'usinage 5 axes

Un opérateur lance un programme d'usinage sur un centre d'usinage 5 axes

 

Pérenniser les savoirs

 

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de continuité. Il faut absolument fidéliser ces compétences. « Les habitudes de travail s’avèrent longues à développer. Nous devons avoir des équipes fiables, formées. C’est un investissement dans la durée. », souligne Jean Patenet.

 

L’ADEFIM Bourgogne, délégation régionale de l’OPCAIM, rencontre périodiquement les dirigeants de MOB et assure un accompagnement de proximité auprès de l’entreprise. Celle-ci a ainsi bénéficié de différents dispositifs d’aide à la formation au fil des années. Dès la création de la société, la majorité du personnel a par exemple suivi une formation pluriannuelle co-financée par la Région, le FSE et l’Adefim. Son but ? Atteindre le niveau de compétences nécessaire au développement et à la pérennisation de l’activité. Une volonté d’amélioration constante des bonnes pratiques qui s’inscrit en filigrane dans la stratégie de MOB. En ce sens, des dispositifs sont régulièrement mis en place pour accompagner les changements de technologie. Actuellement, un financement FPSPP est ainsi en cours de déploiement pour former les salariés à la programmation, l’intégration et l’installation d’un nouveau robot de chargement-déchargement qui va être intégré ces prochaines semaines dans le système de production.

 

A l’avenir, MOB entend se placer sur des marchés à forte valeur ajoutée. La société veut  se donner les moyens techniques et humains pour répondre à des appels d’offres très techniques (aéronautique, turbine à gaz, médical…). Une dynamique qui continuera à s’appuyer sur la formation et sur l’aide de l’OPCAIM pour se déployer.